Evolution de la population de Haute-Epine

 

 

Année de recensement

Nombre d'habitants

1720

585

1759

672

1791

794

1806

830

1821

718

1831

773

1836

706

1841

625

1846

620

1851

621

1856

548

1861

528

1866

470

1872

449

1876

405

1881

379

1886

316

1891

317

1896

288

1901

270

1906

255

1911

283

1921

265

1926

250

1931

244

1936

219

1946

233

1954

213

1962

208

1968

220

1975

171

1982

167

1990

179

1999

246

2006

293

 

Evolution du nombre de maisons de Haute-Epine

 

année

nombre de maisons

1790

232

1999

107

2007

110

Haute-Epine en 1834

Hautespine, Haute-Espine, Haubespine, (Spinetum, Alta-Spina)

 

 

Le chef-lieu de la commune consiste en une très longue rue que traversait la route de Beauvais à Calais avant l'établissement de la nouvelle route par Marseille en Beauvaisis. Le village est bâti dans une vaste plaine dépourvue d'eau courante (il y existe 3 puits profonds de 80 mètres,).

 

La cure de Haute-Epine fut érigée en 1364 à la demande de l'Abbé de Beaupré, qui en conserva le patronage.

 

L'église actuelle est construite en briques. Elle est précédée d'un porche soutenu par quatre petites colonnes anguleuses chargées d'énormes chapiteaux qui paraissent être un produit du gout dépravé du seizième siècle. L'édifice est oblong, le chœur voûté et orné de pendentifs, la nef lambrissée. Le clocher couvert en ardoises est placé sur le portail. Cette église est vaste mais très humide et un peu enterrée par l'exhaussement successif du sol voisin. Elle reconnaît Saint Mathurin comme patron.

 

La ferme de Woimaison, Waimaison, Oaymaison, Oye-Maison, à l'ouest de Haute-Epine est une ancienne propriété de l'abbaye de Beaupré (Achy) à qui elle fut léguée en 1140 par Hugues Marlet. Il y avait une maison abbatiale avec un oratoire, selon les privilèges de l'ordre des Cîteaux, qui donnaient aux fermiers des biens de cet ordre, le droit d'avoir une chapelle particulière.

 

Le village d'Orvilliers, quoique fort éloigné, dépendait dans un temps reculé de la paroisse de Haute-Epine et Prévilliers était un secours ou vicariat de la même paroisse.

 

Une moitié de la forêt de Malmifait ou de Beaupré (anciennement Malmifay, Malfay, Malmilfay) est sur le territoire de Haute-Epine. La tradition rapporte qu'il y avait au dixième siècle une ville ou au moins un lieu habité dans cette partie de la forêt. On y voit encore l'emplacement d'une mare et l'on rencontre les restes de fondations et de constructions qui paraissent rapprochées dans un lieu circonscrit (200 hectares).

 

La commune de Haute-Epine a un presbytère et une école de garçons. Elle a aussi pour l'éducation des filles une maison fondée en 1820 par Monsieur Desmarets, ancien curé de Saint Valère à Paris, né à Haute-Epine. Trois religieuses de saint André y dispensent leur enseignement et donnent des soins gratuits aux enfants du sexe féminin.

 

Il y a une pompe communale.

 

Il y a à Haute-Epine un four à chaux, une briqueterie, un moulin à vent et, en 1833, on y faisait encore un commerce considérable de bonneterie de laine.

  • Four à chaux

Monsieur Bocquet a fondé en 1817 un four à chaux qui n'emploie que deux ouvriers payés 1,50 francs par jour. La production est de 200 muids par an en six fournées.

  • Briqueterie

Production en 1730 de 110.000 tuiles et 100.000 briques.

  • Bonneterie de laine

La maison Boulnois achète 7.000 douzaines de bas et de bonnets qu'elle apprête, c'est-à-dire foulées, passées au verdet ou à l'écorce de sumac et teintes en noir avec du bois de Campêche, et les expédie vers la capitale. Haute-Epine est un centre d'activité pour ce genre d'industrie; on y vend chaque année plus de 12.000 douzaines de pièces qui sont expédiées brutes vers Feuquières.

En 1831, il y avait à Haute-Epine 773 habitants dont :

 

Enfants de moins de 5 ans

45

Enfants de 5 à 10 ans

61

Enfants de 10 à 15 ans

63

Total

169

 

Et en 1790, il y avait à Haute-Epine 232 maisons.

Haute-Epine sur la carte de Cassini

 

 

 

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale du royaume de France.

Il serait plus approprié de parler de carte des Cassinis, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au XVIIIème siècle.

 

Sur la carte suivante on voit très nettement l'anncienne route de Calais empruntée par Louis XIV lorsqu'il traversa Haute-Epine.

 

L'histoire de Haute-Epine

 

 

 

Le plus ancien document concernant l'histoire de Haute-Epine est daté de 1144.

 

Il s'agit d'une confirmation de l'évêque de Beauvais de la donation faite à l'abbaye de Beaupré par "Hugo Merlez, sa femme Basillis, leurs fils Robert, Alern, Hugo, Hilo, Wido et leurs filles Mathilde et Eufénua de ce qu'il possède sur le territoire de "Waiesmaisons" tant en bois qu'en terres et contresignée par les seigneurs locaux de cette époque Thomas, fils de Bernard de Milly, Gérard de Saint Omer, Hugo de Blicourt, Jean de Campdeville.

 

Cette donation sera suivie par d'autres faites en 1155 par Mathilde de Rothois, en 1167 par Barthélémy de St-Deniscourt, en 1169, par Arnaud Reignon seigneur de Regnonval, de terres situées sur le territoire de Waiesmaisons.

 

Pendant 650 ans (de 1140 à 1790) toute l'histoire de Haute-Epine sera liée à celle de l'abbaye de Beaupré puisque l'Abbé était seigneur de Haute-Epine.

 

Les documents anciens concernant Haute-Epine proviennent donc des archives de Beaupré, les plans anciens de Haute-Epine ayant été dressés à la demande de l'Abbaye de Beaupré afin de percevoir les impôts (champart, dime et cens).

 

On retrouve encore dans le tracé des chemins et dans l'organisation du sol de la commune, l'influence des moines cisterciens de Beaupré.

 

Haute-Epine est bâtie le long d'une route droite d'où partent à droite et à gauche des parcelles étroites. C'est un exemple typique de village dont l'origine est due à un défrichement forestier accompli sous l'influence des moines. D'autre part, quand on regarde les cartes d'Etat-major, on peut encore s'apercevoir que "tous les chemins menaient à Beaupré" traversant la forêt de Malmifait, y-compris celui venant d'Orvilliers alors territoire de Beaupré qui aboutissait à une ferme encore appelée par les habitants de Haute-Epine "la maison des moines".

 

Cette ferme, qui a brulé en 1915 possédait d'ailleurs une chapelle car c'était un droit reconnu aux fermiers des abbayes cisterciennes d'en posséder une.

 

L'abbé de Beaupré nommait à la cure d'Haute-Epine et c'est à sa demande que fut érigée en 1364 l'église. Orientée vers l'Est, direction de Jérusalem, l'église actuelle est construite en briques. Elle est précédée d'un porche remarquable soutenu par des colonnes chargées de chapiteaux où l'on peut voir les armes de François 1er (fleur de lys, F, salamandres). Les nombreuses coquilles St-Jacques qui y figurent également semblent signifier qu'elle était une halte connue des pèlerins qui se rendaient à st-Jacques de Compostelle. L'église reconnaît Saint Mathurin comme patron.

 

Sur le territoire de Haute-Epine, l'abbé de Beaupré possédait également les pressoirs et le moulin à vent qui était situé à la croisée de la rue du Petit Bout et du chemin de Blicourt. Les habitants de Haute-Epine étaient tenus de venir y moudre leur blé moyennant une redevance payable à l'Abbaye. Aux archives départementales, on retrouve un bail du Moulin de 1786 fait par Dominique Séard feudiste demeurant au château abbatial de Woimaison à Simon le Roy " boulanger et meunier". La location de ce moulin lui accordait également le droit (très important) de chasse munée sur tout le territoire de Haute-Epine- Prévillers.

 

Il faut noter que dans les cahiers de doléances, les habitants demandent la suppression de toutes les abbayes commendataires et de toutes les maisons religieuses n'ayant plus aucun objet d'utilité publique.

 

Les biens que possédait l'abbaye de Beaupré à Haute-Epine furent vendus comme biens nationaux et furent achetés par des habitants de Haute-Epine possédant quelque argent, en principe ceux qui s'étaient enrichis dans le commerce de la laine, les "marchands houppiers". En effet, le travail de la houppe (laine brute) était l'une des deux activités traditionnelles, l'autre étant celle de la brique. Cette dernière activité était également très ancienne car on la retrouve signalée dès 1554 dans les Mémoires de Monsieur Leblond.

 

D'après les plus anciennes statistiques industrielles, on note en 1834 : 1 moulin à vent, 1 briqueterie, 1 four à chaux, 4 pressoirs, 9 peigneurs de laine, 100 femmes et 20 enfants travaillant dans le filage de laine, 70 personnes dans les apprêts pour la bonneterie (établissement Boulnois) et 61 badesraniers (fabricants de bas).

 

En 1866, l'activité textile subissant une grave crise, les habitants se reconvertirent nombreux dans le travail de la brique.

 

D'après les éléments des différents recensements la population de Haute-Epine a alors beaucoup diminuée. Elle était en 1807 de 822 habitants, elle n'est plus en 1988 que de 190 habitants. Cet exode est du essentiellement à la disparition de la pluriactivité. En effet, l'économie rurale du 19ième siècle reposait sur deux activités complémentaires : le travail de la terre et celui d'une autre activité, ici, la laine et la brique.

 

Au début du 20ième siècle, des traces de cette deuxième activité subsistaient encore, les femmes cousant ou brodant des bas pour la maison Boileau de Marseille en Beauvaisis ou fabriquaient des brosses pour la maison Dupont qui avait un dépôt à Gaudechart.

 

Au début du 21ième siècle, il n'y a plus aucune trace de cette deuxième activité d'antan mais de nouvelles activités sont apparues tant et si bien que la population de Haute-Epine ne cesse maintenant de croitre.

 

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