Saint Mathurin

Flashs d'information

De nombreux souterrains reliaient les différents établissements de l'abbaye de Beaupré et, entre autres, la ferme de Woimaison à l'église de Haute Epine. Il en reste encore bien des traces aujourd'hui.

Des "rectifications de 1990" de l'orthographe et de la grammaire française

 

Fevrier 2016

 

 

 

 

 

 

 

C'est une histoire à rebondissements, vieille de près de 30 ans…

 

En 1988, le gouvernement de Michel Rocard constatant,

  • le déclin de l'utilisation de la langue française jugée trop complexe comme langue de travail

  • les difficultés du commerce extérieur causées par les modes d'emploi des produits dans une langue française mal traduite 

  • le savoir mondial inventorié dans cinq grandes bibliothèques informatisées toutes en langue anglo-saxonne dont la traduction automatique en français est plus complexe et plus coûteuse que pour des langues plus phonétiques

  • l'absence de règle lors de la création d'un nouveau mot

décide de créer le Conseil supérieur de la langue française (CSLF), composé de ressortissants français, québécois, belges, suisses et marocains, qui est chargé de dresser un rapport proposant des "aménagements orthographiques" de la langue française avec pour but de mettre fin à un certain nombre d'anomalies et d'absurdités.

Présentées par le CSLF, ces "rectifications" ont reçu en mai 1990 un avis favorable de l'Académie française et paraissent au Journal officiel du 6 décembre 1990 (JODA no 100/90), dans la partie administrative qui n'a pas de valeur contraignante, ce qui est normal puisque la mission de réforme de la langue et de l'orthographe ayant été attribuée à l'Académie française, celle-ci ne fait pas partie des domaines de compétences du gouvernement.

Néanmoins, un certain nombre d'organismes officiels appliquent la nouvelle orthographe[] :

  • depuis 1990, les correcteurs acceptent les deux orthographes lors des examens officiels comme le bac ou le brevet.

  • depuis le 12 avril 2007, la nouvelle orthographe est reconnue[].

  • depuis juin 2008, la nouvelle orthographe est la référence[].

mais les rectifications proposées en 1990 ne sauraient être imposées et dans l'enseignement aucune des deux graphies (ancienne ou nouvelle) ne peut être tenue pour fautive[]

Les livres scolaires utilisent principalement l'orthographe traditionnelle, mais, après une publication dans un Bulletin officiel spécial de novembre 2015, les manuels scolaires comporteront, dès la rentrée scolaire 2016, l'orthographe réformée[].

 

En quoi consistent donc les modifications apportées ?

 

Elles concernent :

  • le trait d'union : dans un certain nombre de mots, le trait d'union est remplacé par la soudure

  • le pluriel des noms composés : les mots composés suivent au pluriel la règle des mots simples

  • l'accent circonflexe : il n'est plus obligatoire sur les lettres « i » et « u », et dans quelques mots où il est nécessaire pour la distinction entre homonymes

  • le participe passé des verbes pronominaux : il est invariable dans le cas de « laisser » suivi d'un infinitif

  • des anomalies :

    • pour l'accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivent les règles des mots français

    • des graphies sont rendues conformes aux règles de l'écriture du français

Ces propositions sont présentées sous forme de règles d'application générales et de modifications de graphies particulières destinées aux usagers et aux enseignants.

 

Pourquoi tant de bruit ?

 

Essentiellement parce que si l'orthographe traditionnelle peut apparaître à certains comme excessivement complexe, elle résulte de l'histoire de notre langue qui entretient des liens étroits avec les langues dites "anciennes" que sont le latin et le grec.

Ce sont les langues anciennes qui nous apportent l'étymologie qui nous est nécessaire pour comprendre l'orthographe et la grammaire de notre langue et en apprécier la très grande richesse.

En ce sens, supprimer l'enseignement des langues anciennes est tout à fait cohérent avec la "simplification" orthographique, en coupant le lien étymologique on supprime la raison d'une orthographe particulière.

C'est tout à fait comparable au raisonnement qui dicte de couper les arbres qui bordent les routes car les automobilistes les percutent plutôt que d'apprendre aux automobilistes à ne pas percuter les arbres, et ce n'est pas en créant une version française de l'anglais que nous en augmenterons l'utilisation et améliorerons notre commerce extérieur…

Bien utiliser notre langue est une fierté et le fait que ce ne soit pas simple en rend la parfaite maîtrise bien plus satisfaisante et il n'y a vraiment pas lieu de se plaindre de disposer d'un Stradivarius !

Pour conclure, je forme le vœu que notre orthographe et notre grammaire difficiles connaissent encore une très très longue existence.

 

 

Aleth Béliard.