La mémoire de notre salle du Conseil

La salle du Conseil de Haute-Epine est ornée, bien sûr, par la photographie officielle du Président de la République en exercice, Monsieur Nicolas Sarkozy, mais aussi par deux autres photographies plus anciennes joliment encadrées, l'une représentant l'inauguration du monument aux enfants de la commune morts pour la France :
et l'autre représentant un Monsieur d'un certain âge, imposant le respect, datant vraisemblablement du début du vingtième siècle :

Le fait que ces photographies aient été choisies pour être accrochées dans la salle du Conseil de notre commune résulte certainement du désir de mettre en lumière un temps fort de la vie de notre commune, l'élévation d'un monument aux enfants de la commune morts pour la France lors de la Grande Guerre, et un personnage hors norme qui fit en son temps la fierté de notre commune.
Il nous a paru intéressant de raviver ces souvenirs, qui tendent malheureusement à s'estomper avec le temps, afin que nos jeunes puissent eux aussi s'associer en connaissance de cause au passé glorieux de notre village.
C'est pour cette raison que nous avons lancé sur le site de la commune un "appel à témoins historiques" pour mettre des noms sur chacun des personnages de ces photographies, appel resté malheureusement sans réponse.
Qu'à cela ne tienne, l'étude des anciens registres municipaux nous a permis d'établir :
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que la décision d'élever un monument aux enfants de la commune morts pour la France avait été prise par un conseil municipal tenu le 26 janvier 1922 sous la présidence de Monsieur Charles Seignier, maire, que le Conseil avait choisi un monument qui serait exécuté par Monsieur Lesobre, marbrier à Crèvecœur, et que le coût de ce monument serait couvert par une subvention de la commune et une souscription à titre personnel des habitants de la commune
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que les conseillers municipaux en exercice en 1922 étaient Messieurs Charles Seignier, maire, Fernand Normand, Ulysse Lardenois, Adrien Ibert, Elie Doucet, François Delaine, Arthur Doucet, Albert Le Bourhis, Gabriel Choqueux, Eugène Dumont et qu'ils devaient selon toute vraisemblance être tous présents lors de l'inauguration du monument
mais nous ne savons reconnaître qu'une seule personne sur la photographie de l'inauguration du monument, Monsieur Charles Seignier, parce qu'il est ceint de son écharpe de maire.
De manière similaire, les anciens registres municipaux nous ont appris
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que Monsieur Jean-Baptiste Constant Delannoy, chevalier de la Légion d'Honneur, décédé en sa maison de la rue du Petit Bout le 6 septembre 1918, à l'âge de 88 ans, était le maire de Haute-Epine depuis 56 ans
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que Monsieur Delannoy, décédé sans enfants, avait fait à la commune un certain nombre de legs selon les termes d'un testament déposé auprès de Maître Jules Favre, notaire à Marseille en Beauvaisis, legs qui ont été acceptés par la commune
et les articles de la République de l'Oise couvrant le décès de Monsieur Delannoy nous ont appris
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que Monsieur Delannoy était au moment de son décès le doyen des maires de France
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que Monsieur Delannoy avait été longtemps Conseiller d'arrondissement du canton de Marseille en Beauvaisis et président du Conseil d'arrondissement de Beauvais
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que les obsèques de Monsieur Delannoy ont eu lieu à Haute-Epine le 10 septembre 1918 en présence de très nombreuses personnalités
et l'interview des plus anciens de nos concitoyens nous ont appris que Monsieur Delannoy avait fait construire le "Château" de Haute-Epine où il demeurait lors de son décès en 1918.
Nous sommes donc tentés de croire que Monsieur Jean-Baptiste Constant Delannoy est le personnage de la photographie de notre salle du Conseil mais ne pouvons le dire avec certitude n'ayant pas trouvé de photographie de Monsieur Delannoy, ni dans la République de l'Oise, ni auprès des héritiers Delannoy, sa branche de la famille Delannoy s'étant éteinte avec lui, ni auprès des héritiers de Monsieur Charles Seignier qui fut le premier adjoint de Monsieur Delannoy avant de lui succéder comme maire de Haute-Epine.
Si nous réussissons à en être sûrs je proposerai au Conseil de faire apposer une inscription sur le cadre de la photographie de notre salle du Conseil.
Aleth Béliard